Enquête sur l'aide à domicile

Une enquête sur l’aide à domicile qui renforce nos constats.

Sénior Scopie publie dans sa dernière newsletter une enquête qualitative et quantitative menée par le GRATH (Groupe de Réflexion et réseau pour l'Accueil Temporaire des personnes en situation de Handicap), qui révèle les besoins d'aide des 5, 9 millions d'aidants familiaux et des 3,2 millions d'aidés français. L'ensemble de l'étude montre les freins psychologiques et matériels au déploiement des divers types d'aides professionnels et de solutions de répit (domicile, accueil de jour, hébergement temporaire...) sans compter la méconnaissance de l'APA. Les préconisations qui en résultent insistent sur une meilleure information et un redéploiement des services. 

Extrait de l’enquête:
« 
L'aide à domicile, service faisant intervenir un professionnel au domicile de la personne en situation de dépendance, est le service le plus connu parmi les divers services cités. 97% des aidants interrogés en ont déjà entendu parler. Il s'agit également du service le plus utilisé (47% des interviewés aident une personne qui y a recours).

Toutefois la difficulté d'accepter une aide extérieure en fait un service auquel les aidants et les aidés ont généralement recours par obligation quand l'état de dépendance se fait trop important. Parmi les aidants connaissant l'aide à domicile, la moitié environ (48%) apportent leur soutien à une personne qui en fait usage. L'aide à domicile est davantage utilisée par :

-          les personnes en situation de forte dépendance physique (62% vs 27% des personnes qui ne sont pas en situation de dépendance forte) ;

-          les personnes ayant des difficultés psychiques (57%). 

Un fort taux de satisfaction

Les aidants de personnes bénéficiant de cette aide en sont généralement satisfaits, 91% déclarant que ce service répond aux besoins de la personne aidée. Il existe un taux très important de personnes très satisfaites (« Oui, tout à fait »), 56% dont se détachent particulièrement les personnes vivant en milieu rural (73% en sont très satisfaits).
Le principal motif évoqué pour expliquer le non recours à l'aide à domicile est la disponibilité de l'entourage. Vient ensuite l'autonomie de la personne aidée qui serait suffisante. Le troisième motif est le refus de la personne aidée de l'intervention d'un professionnel (41% des citations, soit 21% de l'ensemble des aidants).

Le coût (32%, soit 16% de l'ensemble des aidants) est également un élément déterminant, le fait de ne pas savoir à qui s'adresser (16%) et le manque de confiance (13%) n'arrivent que plus loin.  

Trop de turn-over de personnel :

La question du coût est prépondérante particulièrement chez :

-  les personnes aidant une personne en situation de forte dépendance physique,

-  les personnes aidant une personne ayant des difficultés psychiques,

-  les personnes exprimant un besoin de répit ou de relais.
En effet, parmi ces trois groupes de la population, 4 personnes sur 10 connaissant l'aide à domicile n'y ont pas recours. Au total, 51% des personnes interrogées n'ont pas recours à l'aide à domicile. Ces personnes se répartissent comme suit :

-   22% ne l'ont jamais utilisé et ne se sont jamais renseignées,

-   20% ne l'ont jamais utilisé mais se sont déjà renseignées,

-  9% ont déjà utilisé ce service mais ne l'utilisent plus.

Outre le coût, les personnes mettent en cause l'intervention du professionnel dont le turn-over est trop important pour créer une relation et qui n'est pas suffisamment à l'écoute de la personne, sans compter que ses horaires de passage sont jugés inadaptés.

L'optimisation attendue porte évidemment sur ces trois points. Mais les personnes interrogées mettent aussi en cause l'a solitude du soir et du week-end.

 

40% des personnes intéressées par le remplaçant temporaire

Toutefois près de quatre personnes sur dix sont intéressées par la prestation d'un remplaçant temporaire à domicile qui permet de prendre le relais de l'aidant auprès du malade, que ce soit quelques heures ou quelques jours.

Mais, le déploiement de cette activité est aujourd'hui bloqué par les règles du droit du travail (1).

Les plus intéressés sont :

-   les aidants ayant à leur charge une personne en forte dépendance physique (43%)

-   les personnes aidant un proche ayant des difficultés psychiques (42%)

-   les  aidants déclarant avoir besoin de davantage d'aide (60%).

Toutefois 61% des personnes se déclarent non intéressées pour les raisons déjà mentionnées : autonomie suffisante de la personne, crainte de laisser un étranger pénétrer au domicile.... 

La garde itinérante de nuit rencontre l'intérêt de 18% des aidants pour une aide au coucher et une visite pendant la nuit par un professionnel. Au total, 8 interviewés sur 10 déclarent donc ne pas être intéressés par le système parce que l'on s'occupe déjà de la personne, qu'elle est suffisamment autonome...

Et puis certains aidants «culpabilisent» à l'idée de recourir à une aide extérieure. 

La réticence des aidés à l'accueil de jour

L'accueil de jour, pour quelques heures ou la journée entière dans un lieu spécialisé, est un service dont 2/3 des interviewés (69%) ont déjà entendu parler. 76% des CSP+ en ont entendu parler alors que seulement 65% des CSP modestes sont dans ce cas (vs. 69% au global).
Un décalage informationnel encore plus grand se mesure entre les habitants des métropoles de plus de 100.000 habitants dont 75 % sont au courant de cette prestation alors que 54% des aidants résidant dans une unité urbaine de 2.000 à 19.999 habitants seulement le sont face à une moyenne de 69%. Les objections au recours à ce service ne varient pas à l'égard des autres. Mais il faut y ajouter la réticence de l'aidé à aller dans un établissement pour personnes âgées puisqu'elle se juge suffisamment autonome pour s'en passer.

L'offre de jour n'est pas assez lisible puisqu'elle ne concerne pas uniquement des dépendants "lourds".

Mais aux freins psychologiques à l'usage du service s'ajoute un frein matériel car plus d'un tiers des aidants manquent de moyens de transport pour acheminer la personne sur le lieu d'accueil, sans compter le coût de l'opération. Les attitudes sont identiques chez les aidants n'ayant pas entendu parler de l'existence du service.


Quatre aidants sur cinq ne sont pas intéressés par l'aide de nuit.

Ainsi, 81% des aidants se disent non intéressés par l'accueil de nuit. Ceux-ci évoquent le fait que la personne aidée ne vit pas seule ou que l'on s'occupe d'elle, (30%), qu'elle ne veut pas quitter son domicile (29%).

La proportion de personnes intéressées par l'accueil de nuit est semblable à la proportion de personnes intéressées par la garde itinérante de nuit. Pour les aidants, la nuit ne semble donc pas au cœur du besoin d'aide.

….

L'hébergement temporaire, est un service dont 61% des interviewés ont déjà entendu parler. Mais, seulement 3% des interviewés aident une personne qui bénéficie de ce service qui affronte les mêmes réticences que les autres, et notamment le refus de la personne âgée d'aller en établissement.
Parmi les aidants ne connaissant pas le service, 1/3 est intéressé. Mais, la proportion monte avec le besoin de répit et le niveau de dépendance. »

 

 (1)     En partie inexact, l’enquête ne prend pas en compte le statut du particulier employeur

 

Le dossier complet sur Sénior Scopie 

 

 
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(L'Amitié - Françoise Hardy)

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