Maladie décrite par le Docteur Alois Alzheimer

Je la côtoie tous les jours 24h/24 depuis dix ans.

Plan d’Aups le 28 mars 2010.

 

Le titre provocateur de l’ouvrage de Peter Whitehouse et Daniel George, «The myth of Alzheimer» traduit et préfacé par le docteur en psychologie et neuropsychologue Anne Claude Juillerat Van der Linden et son époux le professeur de psychopathologie et de neuropsychologie Martial Van der Linden, semble bien correspondre à la situation de «l’empire Alzheimer» et son flux massif de financement.

 

Il est certain de la nécessité de clarifier ce qu’est la maladie d’Alzheimer qui couvre aujourd’hui une large palette de symptômes de "type Alzheimer" essentiellement liés à la démence sénile chez les personnes âgées. De là à préciser que cette maladie est un mythe et qu’elle est liée au vieillissement cérébral normal, le raccourci nous apparaît un peu trop simple.

Nous sommes prés d’une centaine de milliers de familles qui vivent au quotidien, 24 heures sur 24, depuis plusieurs années, la lente évolution, mais irréversible, de la maladie de personnes, épouses, époux, mères, pères, diagnostiquées avant l’âge de 60 ans; parfois de jeunes adultes atteignant la trentaine.

 

Ce qui a intrigué le Dr Alzheimer, et qui semble toujours intriguer à ce jour, ce ne sont pas les plaques séniles, mais l’âge des patients, les symptômes cliniques particulièrement sévères et une évolution rapide de la maladie.

N’est-ce pas ce que vivent nos malades et nos familles?

 

Le Dr Aloïs Alzheimer publie en 1906 un article relatant l’histoire d’Auguste D., âgée de 51 ans, qui avait présenté «une altération progressive de la mémoire avec désorientation, associée à des troubles du comportement (jalousie, hallucinations, auditives, agitation) et à une incapacité de comprendre la situation ». L’autopsie révéla des plaques séniles (PS) et des dégénérescences neurofibrilaires (DNF).

En 1911, le Dr Alzheimer publie un autre article décrivant avec précision la maladie d’un patient du Dr Kraepelin, Johannes F, dont les troubles avaient débuté à 54 ans et comportait un déficit majeur de la mémoire associé à des troubles aphasiques, apraxiques et agnosiques présents dès le début de la maladie. L’autopsie du cerveau révèle des PS mais pas de DNF.

Comme il est précisé dans l’ouvrage de Whitehouse, le psychiatre Kraepelin nomma cette forme de démence «la maladie décrite par Alzheimer».

 

«Cliniquement la maladie d’Alzheimer ou démence présénile, se distingue de la démence sénile par son début souvent très antérieur à la vieillesse (45 à 50 ans) par son évolution rapide, par la prédominance des lésions en foyer qui se traduisent entre autre par des phénomènes spasmodiques et surtout par des troubles de la série asymbolique: agnosie et apraxie. » (Nayrac Dubruille -  Sur la maladie d’Alzheimer dans ses rapports avec la démence sénile 1925).

 

Le questionnement du Docteur Alzheimer est toujours d’actualité: - «Il y a une question à laquelle il est impossible de répondre pour l’instant (en 1911): Pourquoi ces affections qui surviennent à l’âge présénile s’accompagnent-elles d’altérations histologiques et de symptômes cliniques aussi particulièrement sévères ? ».

«Il ne voyait dans les plaques séniles ni la cause des symptômes ni l’origine du processus pathologique.» précise Fabrice Gzil dans sa thèse.

 

«La définition consensuelle de la maladie d’Alzheimer repose, aujourd’hui, sur l’association d’une démence à la présence, dans le cortex cérébral, de PS et de DNF.

Cette définition se heurte à l’existence de formes dissociées qui ne touchent que le métabolisme amyloïde ou celui de la protéine tau.

Que faut-il penser des formes qui, comme le patient de l’article d’Alzheimer en 1911, présentent des plaques séniles, mais pas de DNF ?

Ces formes dites plaques-only, représentaient 12 des 60 cas observés chez des patients de plus de 74 ans dans la série initiale de Terry et al. A l’inverse, 2 à 6% des cas observés dans les séries anatomiques de patients répondant aux critères cliniques de maladie d’Alzheimer ne présentent que des DNF, sans PS.

Doit-on alors considérer que ces formes représentent des affections particulières ou des formes atypiques de la maladie d’Alzheimer? 

La définition neuropathologique de la maladie pose encore un autre problème.

Ni les PS ni les DNF ne sont spécifiques de la maladie: elles sont relativement banales chez des sujets âgés sans déficit cognitif.» CHRISTIAN DEROUESNÉ (Université Paris VI, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris).

Est-il acceptable de considérer que la Maladie décrite par Alois Alzheimer entre dans la normalité du vieillissement cérébral (âge du plus jeune diagnostiqué dans le Var: 28 ans)?

Le Dr Lucien Mias * (Papy d’oc) nous précise:

«La sénescence ou vieillissement physiologique, désigne les changements qui apparaissent avec le passage du temps ; elle fait suite à l'enfance, l'adolescence, l'adulte. La sénilité désigne une diminution importante des facultés mentales survenant au cours de la sénescence….

A son origine, la maladie d'Alzheimer a été considérée comme une démence relativement rare. Comme aujourd'hui, même la personne qui "perd un peu la tête" à 80 ans est qualifiée "d'Alzheimer", cela donne l'impression d'une épidémie!

Associer la forme présénile de démence - maladie d'Alzheimer - aux démences séniles est responsable de l'inflation médiatique des maladies d'Alzheimer…

Plusieurs hypothèses quant à l'origine de cette maladie ont été successivement évoquées, sans qu'aucune ne soit confirmée.

La théorie chromosomique est mise en avant actuellement: les enfants atteints de mongolisme (maladie de Down) ont à partir de 30 ans, des lésions cérébrales identiques à celles de la maladie d'Alzheimer; on retrouve sur le chromosome 21 des deux maladies des anomalies génétiques.

Oui mais, comme d'autres chercheurs mettent en cause des anomalies des globules rouges et que d'autres ont trouvé plus de trente anomalies différentes dans les tissus des Alzheimer, il faut savoir ... qu'on ne sait pas.»

 

Ce n’est ni de la faute des malades, ni de celle des familles, si le monde scientifique et les laboratoires ont fait de la maladie décrite par Alzheimer une vaste synthèse qui englobe tout, semblant oublier l’origine du questionnement du Docteur Alzheimer, créant ainsi une grande peur chez le commun des mortels, source d’exclusion et de discriminations.

 

Les titres accrocheurs et provocateurs font vendre des livres, qui entrent dans «l’empire Alzheimer».

 

Au bout du compte on semble oublier l’essentiel:

chercher les causes de cette maladie,

chercher encore,

chercher toujours.

 

Mais surtout il faut arrêter de supputer et arrêter les effets d’annonce qui ne nourrissent que le CAC 40 et la poches de quelques uns.

 

Il appartient au monde de la médecine du cerveau, de ne rien oublier, de faire travailler leurs neurones, tout en gardant la meilleure éthique.

 

Les malades et les familles leur en seront reconnaissants.

 

Jean Claude Caudéran

 

* Les personnes de mon âge, originaire du sud ouest et du pays d’Oc, se souviennent de Lucien Mias. Il fut sélectionné vingt-neuf fois en équipe de France de rugby (à XV), de 1951 à 1959, surnommé «Docteur Pack», c’est là qu’il donna ses premiers soins (au pack adverse !, il fut le premier capitaine à conduire, en 1958, le XV de France à la victoire dans une série de tests en Afrique du Sud et surtout le 4 avril 1959, le capitaine de l’équipe du XV qui remporte pour la première fois, le Tournoi des cinq  nations.

 

Sources:

«Auguste D. première patiente du docteur Alzheimer» Konrad Maurer, Stephan Volk, Hector Gerbaldo,

http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=19216

 

 

«La maladie d’Alzheimer: regards sur le présent à la lumière du passé. Une approche historique» (Psychologie & Neuropsychiatrie du vieillissement. Volume 6, Numéro 2, 115-28, juin 2008, Synthèse), CHRISTIAN DEROUESNÉ (Université Paris VI, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris)

http://www.john-libbey-eurotext.fr/en/revues/medecine/pnv/e-docs/00/04/42/4C/article.phtml

 

Thèse de Fabrice Gzil pour l’obtention du grade de docteur de l’Université Paris 1, intitulée: PROBLÈMES PHILOSOPHIQUES SOULEVÉS PAR LA MALADIE D’ALZHEIMER (HISTOIRE DES SCIENCES, ÉPISTÉMOLOGIE, ÉTHIQUE).

http://www-ihpst.univ-paris1.fr/v3/56,fabrice_gzil.html

 

Maladie d'Alzheimer (MA) et Démence Sénile de Type Alzheimer (DSTA) Dr Lucien Mias.

http://papidoc.chic-cm.fr/04alzheimsom.html

 
< Précédent   Suivant >
facebook

hardy

 
Cliquer pour télécharger la présentation
(L'Amitié - Françoise Hardy)

Qui est en ligne

Visiteurs: 1119224