Maintien à domicile, changeons de politique

Financement et organisation de la prise en charge. 

 Plan d’Aups le 15 juin 2010. 

 

Les services à domicile, en très grande majorité les associations, disposent d’un taux d’intervention en prestataire payé par les départements de 21€ de l’heure, pour la rémunération d’un salarié (en grande majorité payé au SMIC). Montant auquel il faut ajouter les subventions départementales dont on aimerait bien que les départements les publient et les subventions dans le cadre contractuel versée sur deux ans par la CNSA :

- à l’UNA pour un montant de 19 455 527€, (dont le siège social est en redressement judiciaire),

- à l’ADMR pour un montant de 951 976€ (UNA et ADMR représentent 12% des emplois à domicile),

- à la FEPEM (86% des emplois à domicile) un montant de 1 201 570€. 

Etablissements et services perçoivent de la CNSA 90% de son budget annuel. 

 

Avec une politique de financement de l’offre, il est financé les besoins des services et des établissements, pas les besoins des malades (pourtant de magnifiques projets d’entreprise d’établissement et de service sont publiés) mais cela n’empêche pas, malgré le flux important de financement (tâche sans fin des Danaïdes), les dépôts de bilan. 

Nous sommes pour une politique de financement de la demande, celle des personnes malades et en perte grave d’autonomie, sans discrimination ou d’exclusion liées à l’âge.

Dans ce cadre, il appartient aux services et aux établissements du médico-social, de construire leur offre en fonction des besoins de la demande.

Les meilleures seront honorées par le citoyen consommateur malade.

Il appartient à l’Etat et à son gouvernement de financer sur son budget propre la politique qu’il veut mettre en œuvre, il n’a pas à utiliser les cotisations sociales pour financer ses choix politiques.

 

Certains s’évertuent à affirmer que c’est au domicile que fleurie la maltraitance.

Oui, et des procès en cours nous rappellent qu’à domicile se passe le plus horrible : des crimes et des suicides de couple qui viennent d’apprendre le diagnostic de la maladie d’Alzheimer, ou d’une pathologie dite de type « Alzheimer ».

N’est-ce pas notre société qui a fait de la maladie décrite par le Docteur Alzheimer en 1911 sur des personnes de moins de 60 ans, la maladie de la peur pour toute personnes quel que soit son âge?

N’est-ce pas tout simplement parce cette même société accepte des choix politiques laissant à l’abandon le couple dont l’un vient d’être diagnostiqué, aucun service professionnel existant pour prendre en charge à domicile le malade et l’aidant  dés le jour même du diagnostic?

L’accompagnement, le soutien, l’aide, qui sont apportés par l’aidant familial sont primordiaux pour le malade. Pour l’aidant familial ce n’est pas une question de formation, c’est une question de fardeau psychologique (malade inclus) lié à ce qu’a fait notre société de biens portants de la maladie d’Alzheimer.

Il faut à l’aidant une force de caractère sans commune mesure, pour deux.

La mise en place, avec son médecin de famille, de la prise en charge globale du malade et de lui-même est pleine d’embûches et de besoins de financement.

Le rôle de coordination de l’aidant familial des différentes interventions à domicile, devient au fur et à mesure de l’évolution de la maladie de plus en plus difficile et trés souvent stressant.

La nouvelle fonction de coordonnateur ayant en charge quelques familles, pourrait apporter un soulagement au rôle de l’aidant et dans la prise en charge du malade, surtout si ce coordonnateur se trouve dans une « maison de l’autonomie type MDPH/MAIA fusionnée », mais sans le service professionnel à domicile adéquat de prise en charge, le principe est voué à l’échec.  

Beaucoup de familles, sans aides ni soutiens extérieurs, baissent les bras et France Alzheimer n’est avant tout qu’un organisme de formation et de gestionnaires d’Accueils de jour. Ce n’est pas avec quelques heures par-ci par là dans la semaine, même si ce sont quelques moments de détente nécessaire, qui peuvent apporter la solution.

 

L’organisation en France du médico-social est une organisation ADMINISTREE et CENTRALISEE. Seules les administrations décident de ce qui est bien pour les « administrés ».

Tout se passe comme au bon vieux temps d’un système « dirigé », pour la seule satisfaction des services offreurs.

Services qui se complaisent dans ce système au détriment des administrés.

Administrés qui n’ont que le droit de subir et de se taire, le niveau de leur revenu ne leur permettant pas un autre choix.

 

L’idéologie actuelle refusent dans ses préconisations, le choix du particulier employeur qui contrairement à ce qui est affirmé ici ou là est bien soutenu et aidé par sa Fédération, la FEPEM. Il dispose d’une convention collective où les salariés ne sont pas exclusivement considérés comme de simple OS du ménage! Responsable de l'embauche de son salarié, le particulier employeur est à même d'évaluer les compétences dans le savoir faire et le savoir être du (de la) futur(e) employé(e).

 

L’approche de prise en charge dans le maintien à domicile d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer doit être globale et individualisée. 

Le vécu du malade, de l’aidant, c’est 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours sur 365, et cela pendant 10 ou 15 ans avec malheureusement une évolution vers le pire. 

D’aucun considère que le mieux c’est l’établissement, c’est vrai administrativement: durée de vie 5 à 6 ans.  Cela résout en partie le problème de financement donc des moyens!

 

Jean-Claude Caudéran 

 
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(L'Amitié - Françoise Hardy)

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