Maintien à domicile

Le prendre soin.

Plan d’Aups, le 23 juin 2010

 

Nous avons pu lire à la une de cette semaine de «Géronto»: 

«Il est peut être temps aujourd'hui de faire le ménage au sein du service à domicile avant qu'une émission du genre "les infiltrés" s'en charge. Ainsi, il est important notamment de nous rappeler que l'emploi direct ne bénéficie d'aucun contrôle, laissant ainsi soit les familles et les personnes fragiles parfois totalement désemparées face à la législation soit des salariés abusés, sous payés et/ou non formés face à des employeurs «esclavagistes»...

 

Ces propos tendancieux qualifiant les employeurs particuliers «d’esclavagiste» est inadmissible et diffamatoire. Les particuliers employeurs sont regroupés dans une fédération, la fédération des employeurs particuliers (FEPEM). Ils disposent d’une convention collective négociée avec les représentants syndicaux des salariés, la relation avec les salaries est contractuelle.

 

S’il existe des brebis galeuses, elles se gardent bien d’adhérer à la FEPEM et les travailleurs au noirs, d’adhérer à un syndicat, c’est à l’inspection du travail et la justice à faire respecter la loi.

 

C’est certain, 85% des emplois à domicile, sont des emplois directs. C’est le choix fortement majoritaire des personnes de plus de 60 ans.

 

Ce n’est pas avec de tels propos, en salissant les personnes ou par la diffamation, que les structures juridiques essentiellement associatives, développeront leur activité. Encore moins avec des contrôles tatillons bureaucratiques.

 

En favorisant dans le «système» des services à domicile une prédominance de la «dimension organisationnelle» il est développé une technostructure ou les objectifs et les actions sont définis par des règles et des procédures. Les systèmes de suivi et de contrôle sont centralisés, les taches deviennent fortement divisés et les individus fortement spécialisés.

Les problèmes rencontrés sont résolues dans le cadre d’une bureaucratie ronronnante.

 

La finalité de l’action pour le maintien à domicile de personnes fragilisées par l’âge, la maladie ou le handicap, «le prendre soin», est oubliée, parfois ignorée, souvent perdue de vue!

 

Pour notre part le maintien à domicile c’est l’art et la manière de conserver, à son domicile, une personne dans son meilleur état au niveau de son autonomie, de sa santé, de sa sociabilité par un accompagnement approprié dans sa vie de tous les jours.

 

Ce n’est pas par une législation et des contrôles d’une administration étatique tatillonne que les services à domicile pourront satisfaire leurs «clients», mais tout simplement en offrant une prestation professionnelle de qualité au domicile répondant aux besoins parfaitement exprimés des personnes et des familles et je préciserai: dans le respect et la modestie.

 

L’approche globale d’une prise en charge à domicile de personnes en perte d’autonomie doit tenir compte de tous les acteurs en présence et de leurs relations au niveau socio économique, organisationnel et humain.

 

Définir une palette d’offres en partant d’un listage, même à la suite d’un «brainstorming», de l’ensemble des besoins des personnes âgées à leur domicile (se nourrir, s’habiller, se loger, se déplacer, se distraire, prendre soin de soi, vivre en société en fonction de l’état d’autonomie de la personne) est une aberration. L’offre doit être faîte en fonction de besoins exprimés au domicile par les personnes y vivant.  

C’est bien à partir de la connaissance du besoin exprimé par la «demande», de sa définition détaillé, de la compréhension de ce besoin dans le cadre dans lequel il est exprimé (ici le domicile, ses acteurs et son environnement), que l’offre doit être construite. Ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui.

 

Le domicile n’est pas un établissement, encore moins un atelier, c’est un lieu de vie familial ou les personnes qui le composent (en grande majorité un couple), reçoivent une prestation et non l’inverse. Il y a confusion dans beaucoup d’esprit, entre un établissement qui reçoit «un client» pour lui vendre des prestations, et un couple à domicile qui reçoit de la part d’un intervenant choisi  une prestation que ce couple va payer. Le fait qu’une aide soit apportée au financement de cette prestation ne change en rien le fondement de la relation.  

 

Les familles ne demande pas de nouveaux métiers, il demande que les prises en charges à domicile soient faites par des professionnels, disposant d’une conscience professionnelle, d’un savoir faire et un savoir être, avec, pour certaines prises en charge comme les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives, le complément de formation lié à cette spécificité.

Jean-Claude Caudéran

 
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(L'Amitié - Françoise Hardy)

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